Constructeur ferroviaire "Carrossage DE Dion Bouton".


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Le saviez vous:
Une entreprise locale
a carrossé du matériel ferroviaire.
Il s'agit des autorails des C.F.D. Vivarais-Lozère, carrossés en 1935 sur des châssis moteur du constructeur De Dion Bouton, par un une entreprise encore en activité à Guilherand - Granges. C’est aujourd’hui un des plus importants constructeurs de bennes à ordures ménagères sur camion !

A l’époque du carrossage des De Dion Bouton,
l’entreprise Grange avait ses ateliers à Valence. Le patron était un ancien ouvrier des Ets Besset carrossier d’Annonay, aujourd’hui le principal constructeur d’autocars en France.
 Doc: Collection Pierre Malfay, archives Ets. Granges.


les Ets. Besset était à l’origine d’une révolution,
en matière de confort, entre autres pour ses nouveaux très célèbres cars Isobloc, construits sans châssis porteur mais avec une caisse autoportante. Ceux-ci ont certainement contribué au déclin des Chemins de fers secondaires Français.
Ainsi va l’histoire des transports.

Ce célèbre Isobloc a été reproduit dans les années 50 par la très populaire firme de jouet Dinky Toys.


Quant aux De Dion Bouton Type NC/ND,
vous les retrouvez encore roulant, aussi en modèles réduits, au 1/22,5 (IIm), 1/43 (Om)
et même au 1/87 (HOm), dans les expositions et jardins de quelques passionnés.

Ces autorails De Dion Bouton de Type NC et ND,
Furent construits dans les années 30, les deux séries, ne se différenciaient que par leur moteur diesel, de 90 cv pour les NC (Charente et Saône & Loire) et 125 cv pour les ND (Vivarais-Lozère numérotés 201 à 207).
A l’origine de leur livraison en 1935, les 201 et 202 furent affectés en Lozère, les 203 à 207 au réseau du Vivarais (Ardèche et Haute Loire).
Photo P Malfay, ND 201, CFR St Agrève

Diagramme, De Dion Bouton 207
Ces autorails possèdent un compartiment voyageurs de 31 places assises, séparé d’un petit compartiment bagages à l’arrière et postal à l’avant (à droite du moteur, le conducteur se trouvant à gauche). Ces petits autorails

de 9 m de long ne possèdent pas moins de 6 portes d’accès extérieur (et 3 à l’intérieur !)
Doc: Archive Dép. ardèche, plan du radiateur, col V Piotti /P Malfay

Ils ont un seul poste de conduite,
mais sont équipés d’un système de retournement prenant appui sur les rails, actionnable par une manivelle qui se fixe sur le côté de la caisse.
Manœuvre de retournement du 201
en 1956, Le Rouvre Jalcreste

Photo: B. Rozé

Le châssis type camion, est équipé d’un bogie porteur à l’avant et d’un essieu moteur à l’arrière. Leur carrosserie, aux galbes généreux, ressemblait à celle des autocars de l’époque.



Ces autorails ont apporté une amélioration dans le confort et la vitesse,
Comme l'atteste le document ci joint qui relate la réception le 1 juin 1937 de l'autorail ND n°207. ces véhicules auraient même pu atteindre la vitesse remarquable pour l'époque de 60 km/heure, si la voie l’avait acceptée !

Doc : Archives Dép. Ardèche Col V.Piotti / P. Malfay

Il existe aussi aux Archives Départementales de l’Ardèche, une demande datant de janvier 1943, sur la transformation au gazogène de l’autorail De Dion Bouton N° 206 et une autre demande datant de décembre 1942 concernant la remise en service sur la ligne Le Cheylard - Tournon, d’un autorail inemployé, équipé de gazogène ( !?!).

Certaines automotrices existent encore aujourd’hui, dans un état plus ou moins dégradé : Sur la ligne des Voies Ferrées du Velay : le 204 est garé à l’abri à Dunières en cours de restauration ; les 201 et 206 sont garés à l’extérieur à l’état d’épave.
Sur la ligne-musée du MTVS (région Parisienne) : le 202 est en cours de restauration.
Sur la ligne du CFV : le 207 est garé à l’abri à Lamastre en attente de décision sur son sort.
Les 203 et 205 ont été réformés à l’époque des CFD. Le 205 ayant servi de magasin de pièces de rechange sur la ligne de Lozère.


Il existe aussi des remorques voyageurs à 2 essieux
qui ont la même morphologie. La n° 1 a été restaurée récemment par les bénévoles des Voies Ferrées du Velay.

Photo: Remorque De Dion R1M VFV.

Les autorails tractaient aussi des remorques à un essieu,
Ressemblant aux remorques de camions de l'époque (elles étaient équipées d’un timon à chaque extrémité et attelées comme celles-ci sur un crochet à cliquet de sécurité).

Photo: Remorque 1 essieu à St Cécile d'Andorge ( J. Ricaud).


L'Autorail ND207
Caché sous une bâche, comme s'il avait honte, du peu d'intérêt qui lui est porté, le seul rescapé Ardèchois de ce patrimoine ( aujourd'hui entre les mains du gestionnaire de la lamentable liquidation des CFV), semble craindre pour ses vieux jours.

Photo: Autorail De Dion 207 20-10-2004 V.Piotti


A propos de ces autorails singuliers, une histoire croustillante sur un voyage entre le Chambon sur Lignon et Tournon dans les années 40 est visible sur le site de l’artisan Gecomodel.


Fresque d'un De Dion Bouton, à Alés,
ne le prendrait-on pas pour un vrai

Photo: Autorail De Dion Bouton ND 202 Alès, TEISSONNIERE



A lire:
Pour plus de documentation,
Le superbe livre sur les Chemins
de fer départementaux de la Lozère
Auteur Joël Royer édit. du Cabri






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